93ème parution de la Voix de Saint Paul

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                                L’URGENCE DE L’AUTO PRISE EN CHARGE

« Vous pouvez et devez avoir un christianisme africain » tel est l’appel que lançait le pape Paul VI à Kampala (Ouganda) le 31 juillet 1969 lors de sa première visite en Afrique. Et aujourd’hui beaucoup plus qu’hier, il échoit à l’Eglise en Afrique de devenir une « Eglise autonome à visage africain ». Pour ce faire, elle doit pouvoir se prendre en charge pour enfin s’affranchir de la logique de parasitisme et de mendicité. La prégnance de l’auto prise en charge ne se négocie plus de nos jours. Elle s’impose. De gré ou de force, l’Eglise en Afrique devra se prendre en charge. Les prémisses sont annoncées.

En effet, le cardinal Luis Antonio Tagle, préfet de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples, s’adressant aux évêques des diocèses des territoires de mission, leur a demandé, à travers une lettre datée du 3 décembre 2020, d’envisager de renoncer aux subsides qui leur sont dédiés annuellement. En cause, la crise sanitaire qui a influencé les collectes de dons au profit des Œuvres Pontificales Missionnaires (OPM) en 2020. L’Eglise en Afrique est-elle vraiment prête à couper le cordon ombilical, pour assumer l’heure de l’auto prise en charge ? Mais en quoi devra consister cette auto prise en charge ?

Chers amis, fidèles lecteurs de « La Voix de Saint Paul », cette parution de votre hebdomadaire se permet de sortir de l’ornière du mode de présentation classique, pour vous présenter une interview accordée par le P. Ambroise Kinhoun, recteur du Grand Séminaire Mgr Louis Parisot de Tchanvédji (Sud-Bénin), à la Croix Africa, à la suite de l’annonce de la suppression des subsides. Le père Ambroise y envisage l’auto prise en charge dans une perspective plutôt holistique. Nous souhaitons vivement  que cette interview suscite en vous, de profondes et enrichissantes réflexions qui se matérialiseront par de nombreux articles.

Chams Modeste HEDJI, Philo II.

Dans cet entretien avec La Croix Africa, le père Ambroise Kinhoun, théologien béninois, recteur du Grand Séminaire Mgr Louis Parisot de Tchanvédji (Sud-Bénin) exprime sa réception de cette lettre du préfet de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples et fait des propositions.

La Croix Africa : Quelle est votre réception de cette lettre ?

Père Ambroise Kinhoun : Précisons que la lettre du cardinal Tagle concerne spécifiquement les subsides ordinaires dédiés aux diocèses, l’Œuvre pontificale de la propagation de la foi. Les subsides pour les séminaires relèvent de l’Œuvre pontificale de Saint Pierre.

Cela dit, l’appel lancé par Rome ne me surprend nullement. Il n’a que trop tardé. Il est certainement le début formel de la fin d’un temps : le temps du syndrome de la mendicité. Si c’est cet appel qui doit réveiller enfin nos Églises locales pour prendre leurs responsabilités historiques d’auto-prise en charge au niveau spirituel, intellectuel et matériel, alors, la lettre du cardinal serait prophétique.

Si vous avez un bienfaiteur qui vous dit un jour de « renoncer » à l’aide qu’il vous porte, n’est-ce pas une douce manière de vous dire : « trop c’est trop ! » ? Si cela ne fouette pas notre honneur, qu’il couvre nos visages de honte et nous éveille au moins à la modestie d’un mendiant honnête.

La Croix Africa : Que comptez-vous faire, au niveau du Grand séminaire que vous dirigez afin de suppléer aux manques en vue ?

P-A-K : Les subsides de Rome couvrent environ 20 % du budget annuel de notre séminaire. Les contributions locales sont dérisoires voire ridicules : 2 %. Il y a donc un “manque à gagner” de 78 %. Pour l’heure, nous continuons à mendier au quotidien pour nourrir et instruire les séminaristes sans oublier le traitement du personnel de soutien et les travaux infrastructurels à poursuivre. Malgré toutes les louables initiatives agropastorales (élevage, jardin, champ, etc.), le déficit reste béant. Que faut-il faire ?

Mobiliser tout le peuple de Dieu sur la question de la formation des futurs prêtres. Une récente initiative de la Conférence épiscopale du Bénin a déclaré le mois de mai, « Mois des séminaires ». Espérons qu’elle trouve l’appui de tous les agents pastoraux de notre Église locale. Il nous faut également réussir à déprogrammer dans le mental des séminaristes, l’idée de s’affranchir des travaux champêtres avec le sacerdoce en insistant davantage, dans la formation, sur le sens du bien commun, l’esprit de créativité et de coresponsabilité. Je reste confiant, qu’avec nos séminaristes d’aujourd’hui, peut s’amorcer le renouveau attendu.

La Croix Africa : À quoi, cette crise qui révèle la fragilité en ressources matérielles des Églises locales d’Afrique, appellent-elles celles-ci ?

P-A-K : Il faut savoir interpréter les signes des temps. C’est le temps de la relève missionnaire dans nos Églises locales. Bientôt, ces Églises auront, pour la plupart, deux siècles d’âge. Il est temps que la profession de foi devienne une nouvelle culture, une nouvelle manière de penser et d’agir empreinte des valeurs assumées de l’Évangile.

Si l’on considère l’urgence de l’auto-prise en charge comme une question conjoncturelle et un simple défi financier, on n’aura rien compris des « signes des temps ». Il s’agit plutôt de la conversion authentique à devenir Église. Donc, l’auto-prise en charge est avant tout, spirituelle. Tant que nous vivrons la foi par procuration, comment voulez-vous qu’elle transforme nos cœurs et nos esprits au point de créer des structures ecclésiales de communion et de synodalité capables de promouvoir notre vivre-ensemble comme Église ?

Trois lieux de formation sont à investir de manière responsable pour relever les vrais défis. Primo, la catéchèse : c’est là où l’identité chrétienne est formée en lien étroit avec la pastorale familiale. Le but visé est la formation du bon chrétien. Secundo, l’enseignement catholique : les écoles et les universités. C’est le sanctuaire où les consciences sont éveillées et structurées à la lumière de la raison droite et de l’éthique sociale chrétienne. Le but visé ici est la formation du bon citoyen. Tertio, les séminaires et les noviciats : c’est là où l’identité missionnaire et la charité pastorale sont formées. Le but visé est la formation du bon pasteur, de bons et saints agents pastoraux.

Propos recueillis par Juste Hlannon (à Cotonou)

                                         CHEMIN DE SAINTETE

 « Je dis cela dans votre intérêt ; ce n’est pas pour vous prendre au piège, c’est pour vous porter à ce qui est bienfaisant et propre à vous attacher au Seigneur sans distraction. » 1 Co 7, 35

Chers amis, jeunes lecteurs, africains engagés pour le Christ et fidèles compagnons sur le chemin de la sainteté nous vous saluons.

En ce dimanche l’Eglise nous offre de voir en la figure du Christ exerçant son ministère notamment par un enseignement différent de celui des scribes plein d’autorité, le zèle qui devrait être le nôtre sur le chemin de la sainteté.

Le Christ conscient de l’enjeu que représente l’annonce de la Bonne Nouvelle à son époque et soucieux du salut de l’humanité ne laisse passer sous aucun prétexte les moments pouvant l’aider à atteindre le cœur de ses contemporains et à réveiller en eux une foi authentique et agissante. De même il frappait par ses enseignements dans les synagogues, il nous invite aujourd’hui, toi et moi à ne pas faire taire notre zèle dans la quête de la sainteté.

Il nous revient ainsi d’annoncer la Bonne Nouvelle aux hommes de notre temps spécialement aux jeunes et de leur montrer par notre vécu quotidien à la vivre véritablement. Saint Paul également dans la deuxième lecture, tente dans la même perspective que le Christ, de nous montrer les tâches qui sont les nôtres compte tenu de nos situations matrimoniales : “ celui qui n’est pas marié s’inquiète des choses du Seigneur, des moyens de plaire au Seigneur’’ 1Co7, 32. Ainsi dans notre contexte de jeunes africains comment pouvons-nous plaire au Seigneur si ce n’est d’abord par notre engagement pour la cause de notre continent. Ce continent qui représente la synagogue des temps présents dans lequel nous devons faire parler notre foi par nos œuvres. Car Saint Jacques nous diras qu’une foi sans les œuvres est une foi morte. Elle est une terre évidente d’évangélisation qui veut que ses enfants se lèvent et s’unissent autour d’elle pour penser son édification. Manifestons notre zèle en tant que représentants du Christ où que nous soyons.

Toi Jeune ! Durant cette semaine fais fi des discours et passer à l’acte : Jeune africain lève-toi ! Daigne le Seigneur nous aider à être des exemples vivants de sainteté par nos faits et gestes pour notre génération à la manière dont il l’a été pour ses contemporains.

                              Martin ANANI, Philo I

LES PARONYMES

Les paronymes sont des mots de différents sens qui se ressemblent par leur prononciation, et qui sont souvent distingués par une seule syllabe.

Exemplebribes : petits morceaux et bride : lien

Conjecture : hypothèse et conjoncture : situation

NOTA BENE : Mais rappelons le bien, il y a possibilité de confusion lors de l’emploie d’un de ces mots. Nous risquons de par ce fait d’employer un mot à la place d’un autre. Pour cela, vérifions à chaque fois dans un dictionnaire en cas de doute le sens du mot employé.

v Voici quelques paronymes qu’il faut veiller à bien distinguer :

  1. Acceptation : fait d’accepter ; Acception : sens
  2. Percepteur : agent du Trésor ; Précepteur : professeur
  3. Affleurer : apparaître ; Effleurer : toucher à peine
  4. Affliger : attrister ; Infliger : faire subir
  1. Affluence : foule ; Influence : ascendant
  2. Agonir : injurier ; Agoniser : être proche de la mort
  3. Enduire : recouvrir ; Induire : amener
  4. Attention : prévenance ; Intention : projet
  5. Dénudé : nu ; Dénué : dépourvu de
  6. Différencier : distinguer ; Différer : retarder
  7. Éminent : remarquable ; Imminent : immédiat
  8. Enduire : recouvrir ; Induire : amener
  9. Éliminer : exclure, détruire ; Illuminer : éclairer
  10. Collision : choc ; Collusion : entente secrète
  11. Vénéneux : pour les champignons et les plantes ; Venimeux : pour les serpents et d’autres animaux

Martin ANANI, Philo I

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