HOMELIE DU 10è DIMANCHE ORDINAIRE B

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HOMELIE DU 10è DIMANCHE ORDINAIRE B

1ère Lecture : Lecture (Gn 3,9-15):

Psaume : 130

2è Lecture : (2Co 4,13—5,1)

Evangile : (Mc 3,20-35)

Bien-aimés du Seigneur, bonjour

Où serons-nous dimanche prochain à pareil moment ? Dans cette chapelle ? Tout en comptant sur le Dieu provident, nous sommes certains que nous ne serons plus ensemble comme aujourd’hui. En effet, samedi prochain, nous partirons pour les vacances. C’est donc clair que d’un « nous communautaire », nous passerons à un « je » individué. Dès le samedi, seul un « je » pourra répondre : « Dimanche prochain je serai à Dassa, je serai à N’Dali ; dimanche prochain, je serai à Adakplamè, à Ouèssè wogoudo, à Koundokoué, au camp mission ou encore à la paroisse Saint Michel de Djègbé, comme la chorale des Jeunes de cette même paroisse. Cette chorale est venue ce dimanche, ici au séminaire, écouter la Parole de Dieu portée par les chants ; ces chants de la Parole de Dieu exécutés par les séminaristes. Elle est venue prier en voyant et en entendant les séminaristes chanter. A vous membres de la chorale des jeunes de la paroisse saint Michel de Djègbé, nous souhaitons la bienvenue.  Que ce moment de ressourcement soit porteur de grâces pour vous-mêmes et pour les paroissiens qui vous entendront chanter.

Où serons-nous dimanche prochain à pareil moment ? Nos amis du séminaire qui viennent participer à la messe dominicale, chacun d’eux retrouvera ses habitudes en allant sur la paroisse de son choix.

Où serons-nous dimanche prochain à pareil moment ?  L’élément primordial de cette interrogation est moins une question de lieu qu’une question d’être. Là où nous serons, il s’agit pour nous de demeurer séminaristes, de demeurer chrétiens, il s’agit de continuer à témoigner de ce que nous sommes.

          Je voudrais, à cette méditation, donner le titre du « témoignage chrétien ». Ce thème, je voudrais l’aborder à partir de trois points d’ancrage tirés des textes de ce jour : d’abord la fuite de responsabilité.

  1. La fuite de responsabilité

Dans la Première Lecture, suite à leur désobéissance, nous avons respectivement entendu l’homme et la femme répondre à l’interpellation de Dieu : « La femme que tu m’as donnée, c’est elle qui m’a donné du fruit de l’arbre, et j’en ai mangé » ; « Le serpent m’a trompée, et j’ai mangé. » (Gn3,12-13). On peut noter ici qu’aucun des deux n’a reconnu avoir enfreint les exigences de Dieu. Aucun d’eux n’a reconnu son erreur ou encore sa responsabilité dans l’événement survenu. Chacun s’est juste contenté de rejeter la responsabilité de la faute sur un autre.

Où serons-nous dimanche prochain ? S’il y a un témoignage que nous devons rendre là où nous serons, dans nos différents lieux de vie, c’est précisément de reconnaître nos erreurs, d’en assumer les conséquences et de nous résoudre à les corriger. Comme chrétiens, chrétiennes, comme séminaristes, prêtres, religieuses, allons-nous continuer à accuser d’autres face à nos manquements, nos erreurs ? Allons-nous continuer à faire croire que nous sommes des victimes alors que pertinemment nous nous savons coupables ?

Notre témoignage sera de reconnaître ce que nous sommes.

Reconnaitre ce que nous sommes, c’est aussi reconnaître ce que sont les autres et ce qu’ils font. C’est ici le second point d’ancrage : ne pas se fermer volontairement à la vérité.

2. Fermeture à la vérité

Dans l’évangile, les scribes disaient de Jésus qui guérissait les malades : «Il est possédé par Béelzéboul; c’est par le chef des démons qu’il expulse les démons». (Mc 3,21) S’il y a une catégorie de personnes qui pouvaient mieux comprendre et expliquer les miracles, ce sont les scribes. Ils ont été témoins de nombreux miracles du Christ. A plusieurs reprises ils ont montré qu’ils n’étaient pas intéressés par les miracles mais plutôt par le respect du sabbat. Ils préféraient voir mourir un malade que de le voir guéri par Jésus le jour du Sabbat. A vrai dire, ils n’étaient pas intéressé par le bien que faisait Jésus mais plutôt par le maintien de leur influence et de leur pouvoir. Jésus devenait une menace pour eux parce qu’il était aimé par le peuple et drainait des foules derrière lui. De fait, pour maintenir leur pouvoir et leur influence, ils utilisaient tous les moyens pour détruire la réputation de Jésus et lui faire perdre les foules qui couraient après lui.

Chers frères et sœurs, on comprend ici que le critère de discernement des scribes n’est plus la vérité mais tout se mesure désormais à leur degré d’influence et à leur pouvoir. Dans la lutte des pouvoirs, il n’y a pas de vérité, les mensonges deviennent des vérités. La vérité, ils la connaissent, mais la reconnaître leur fera perdre leur influence et leur pouvoir.

L’attitude des scribes, nous la connaissons parfois très bien. Quand la lutte pour le pouvoir s’installe, il n’y a plus de chrétiens, chrétiennes, il n’y a plus de frères, de sœurs, de prêtres, de séminaristes, il n’y a que des adversaires et parfois des ennemis. De ce point de vue, c’est la recherche du pouvoir qui devient le critère de vérité. Le témoignage que nous sommes appelés à rendre là où nous serons, c’est celui de la vérité. Pouvoir reconnaitre la vérité et l’accueillir comme telle surtout quand elle est en faveur des autres, c’est cela coopérer à l’œuvre de l’Esprit Saint. C’est d’ailleurs à cela que nous invite Jésus quand il appelle ceux qui font la volonté de Dieu, sa mère, ses frères et ses sœurs. C’est ici le troisième point d’ancrage que je voudrais aborder.

3. Faire la volonté de Dieu et vivre de la Parole de Dieu

 «Voici ma mère et mes frères. Celui qui fait la volonté de Dieu, celui-là est mon frère, ma sœur, ma mère ». (Mc3,34) Nous avons entendu Jésus prononcer ces mots dans l’évangile de ce jour. Où serons-nous dimanche prochain ? Pour nous, l’appel du Christ est toujours pressant. Il ne s’agit pas d’attendre dimanche prochain. Il s’agit de témoigner du Christ dès maintenant. Qu’avons-nous à apporter au monde ? La Parole de Dieu. Voilà notre mission ; témoigner de la Parole de Dieu, partout où nous serons pour être comme Marie, doublement porteur de Dieu. S’engager à faire la volonté de Dieu, nous dispense de la destruction de l’autre et nous aide à nous tourner vers le Seigneur en rendant grâce pour le bien que les autres font.

Chers frères et sœurs, en ce dixième dimanche du Temps Ordinaire, demandons au Seigneur de purifier notre regard pour voir le bien que font les autres, d’ouvrir notre cœur pour le laisser se remplir de la Parole de Dieu, d’aplanir notre orgueil pour nous permettre de reconnaitre nos erreurs et de les corriger. Le Seigneur soit avec vous !

P. Rodrigue GBAGUIDI

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