Homélie du Père Nicolas HAZOUME à l’occasion de la fête patronale du Grand Séminaire Saint Paul de Djimè

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Dieu qui a instruit le monde entier par la parole de l’apôtre Saint Paul dont nous célébrons aujourd’hui la conversion, accorde nous d’aller vers Toi en cherchant à lui ressembler, et d’être dans le monde des témoins de ton Evangile.

Monsieur le recteur, chers confrères et vous chers frères séminaristes,

Cette collecte en la fête de la conversion de Saint Paul résume bien le message que nous laisse la célébration de ce grand apôtre des nations.

Or, nous qui sommes ici aujourd’hui, séminaristes comme formateurs, rien d’autre ne justifie notre présence en cette maison si ce n’est l’ardent désir de porter jusqu’aux extrémités de la terre la parole du salut que nous a confiée le Christ. Personne n’est exclu de ce message et personne n’est exclu du salut qu’il nous promet. En ce séminaire où se rassemble beaucoup d’ethnies de notre pays et où se parle divers dialectes de notre nation, nous apprenons à vivre ensemble, les yeux rivés sur le Christ pour apprendre ensemble à communiquer son message au monde.

            C’est bien cela que Saint Paul a fait avec l’enthousiasme, la témérité, la détermination et la joie du converti qu’il était. Pendant cinq ans, j’ai répété en cette maison et beaucoup me le rappellent à l’occasion avec la malice qui caractérise les séminaristes : « Tout homme est une histoire sacrée. » Comme Saul devenu Paul, chacun a son histoire qui reste parfois à purifier de ses scories. Vous avez avec vous des formateurs, des ainés avisés qui ont pour mission de vous conduire, tel Ananie conduisant Paul, pour vous faire accéder à la cime du sacerdoce. Laissez-vous conduire sans peur, sans rechigner, sans cachotterie, sans dissimulation mais avec un grand esprit d’ouverture. Comme Ananie instruisant Paul après sa conversion, vos formateurs ont l’exaltante mission de vous conduire sur le plan moral, spirituel, intellectuel et pastoral. Vos années de formation sont comme une retraite que l’Eglise vous propose pour votre vocation. Il serait illusoire de jouer d’habileté pour vous en extraire en donnant l’impression de n’avoir besoin de personne. Rangez au placard votre ego, vos états d’âme, vos impressions et vos préjugés sur tel ou tel formateur. Comme on dit à l’Institut Catholique de Paris où j’ai été étudiant, laissez-vous déconstruire pour vous faire reconstruire au nom de la mission qui vous sera confiée demain dans un monde mouvant, instable et rebelle à l’éthique mais en même temps demandeur de Dieu comme les apôtres se tournant vers Jésus pour confesser : «  A qui irions-nous Seigneur ? Toi seul as les paroles de la vie éternelle. »

            En tout ceci, vous avez comme exemple la détermination et l’humilité de Saint Paul. Cet homme exceptionnel est une grande figure de la foi chrétienne. Saint Paul nous prévient dans une adresse pour le moins dénuée de toute fausse humilité : « Soyez mes imitateurs comme je le suis du Christ. »

            Je vous invite donc à imiter Saint Paul dans sa fierté et sa capacité de dépassement : « Je suis Hébreu, fils d’Hébreu, juif né à Tarse en Cilicie. » Soyez fier de votre personnalité, de vos origines, de votre langue, de votre vocation et du Christ que vous vous préparez à annoncer. Quand on a cette fierté, on s’impose des efforts pour atteindre la barre que le monde vous place haut et très haut. Mais observez aussi son humilité et son détachement quand il dit : « Tous les avantages que j’avais autrefois, je les considère maintenant comme une perte à cause de ce bien qui dépasse tout : la connaissance du Christ Jésus, mon Seigneur. A cause de Lui, j’ai tout perdu ; je considère tout comme des balayures, en vue d’un seul avantage, le Christ, en qui Dieu me reconnaitra comme juste. » (Ph3,8…)

            Ne tenez à rien d’autre qu’à l’essentiel : « Qu’avons-nous que nous n’ayons reçu ? » Levez les yeux vers ce grand apôtre qui s’est totalement fondu en Jésus au point de dire : « Vivre pour moi, c’est le Christ et mourir m’est un gain. » Rien n’arrêtait son élan missionnaire sans lequel le message du Christ aurait peiné à s’étendre dans le bassin méditerranéen et de là dans le monde entier. Le missionnaire qu’il était n’hésitait pas à travailler de ses mains. L’auto prise en charge n’est pas une idée à évacuer d’un revers de la main. Notre survie et notre dignité en dépendent. Le prêtre en effet ne doit pas être un éternel assisté attaché aux seules quêtes de sa paroisse, quêtes multipliées à l’infini pour combler les béants trous creusés par nos besoins permanents jamais totalement assouvis.

            En définitive, la figure du saint qui nous est donné en modèle en cette maison est pour nous une chance et un leitmotiv extraordinaire pour stimuler notre foi, notre vocation et nous amener vers les hautes cimes de la perfection et de l’excellence. Puissions-nous en être conscients et que le Seigneur vous donne la force de le réaliser. Amen.

Rd Père Nicolas HAZOUME, Curé doyen de Dangbo

Premier Recteur du Grand Séminaire Philosophât saint Paul de Djimè

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