DIMANCHE 19 NOVEMBRE 2023: 33ème Dimanche du Temps Ordinaire Année A

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Homélie du 33ème DTOA

Bonjour chers frères et sœurs

Bonjour chers amis séminaristes

Il y a une question fondamentale qui se pose aujourd’hui- je ne sais pas si vous aviez retenu avec moi la question qui se dégage de la première lecture. La question la voici : Une femme parfaite, qui la trouvera ? Voilà donc la question et je me demande si vous avez des astuces qui vous permettraient de retrouver cette femme parfaite donc parle la première lecture de ce jour. Vous en avez oui ou non ?

La femme, cette femme parfaite dont il est question, alors nous allons ensemble essayer de voir les traits qui permettront de la retrouver, de l’identifier.

L’évangile nous parle des talents, le maître qui est bon a distribué des talents à tous ses serviteurs. Le premier a reçu cinq, le deuxième deux et le troisième un. Partant, que signifient ces talents ? Quel est le sens des talents que le maître dans sa bonté, dans sa générosité, a donnés à ses serviteurs ? Alors je conçois avec vous que ces talents constituent des outils, des moyens que le maître qui est bon a remis à ses serviteurs afin que ces derniers puissent les travailler et les faire fructifier ces talents pour leur propre développement, pour leur épanouissement, et pour leur bonheur. Donc aujourd’hui, il est question du développement intégral de l’homme ; c’est ce que le maître a voulu pour chacun d’eux- leur développement intégral et quand on parle de développement intégral, cela prend en compte toutes les dimensions existentielles de la vie humaine : dimension spirituelle, dimension matérielle, dimension somatique, dimension professionnelle et toutes les autres que nous pouvons imaginer. Donc, c’est de cela qu’il est question- le développement intégral de l’homme. C’est ce développement intégral de l’homme qui s’identifie à son bonheur. Le maître veut donc ce développement-là pour ses serviteurs afin qu’ils soient heureux. Alors, nous savons ce que le premier serviteur a fait. Il est allé dans le sens de la volonté du maître. Pareil pour le deuxième serviteur. Nous allons nous appesantir aujourd’hui pour notre méditation sur l’attitude du troisième serviteur. Le maître a bien évidemment dit qu’il est mauvais et paresseux. Son geste qu’il a fait, vous le savez. Il a creusé la terre et y a mis le talent. Quittons les périphéries, c’est-à-dire quittons le premier regard et allons en profondeur pour mieux comprendre le sens de son geste- creuser la terre, mettre le talent dedans, le cacher dedans. Qu’est-ce que cela peut signifier ? D’abord sur sa propre vie à lui-même, sur la vie relationnelle qu’il aurait avec les autres et après dans sa relation avec Dieu, avec le maître ? Il a creusé la terre et il a mis le talent dedans. Cela veut dire quoi ? Lorsque le talent est caché dans la terre, ce n’est plus avec lui. Il veut signifier par là qu’il n’a rien à faire avec ce talent. Qu’il ne veut même plus voit ça de ses yeux. Par ailleurs, il aurait pu mettre ça quelque part à porter de main, peut-être sur une table ou peut-être même dans sa porche, que plus tard sa conscience s’éveillerait et lui demanderait de considérer ce que le maître lui avait dit. Cela est possible ! Donc si le talent n’était pas mis dans la terre, enterré, il aurait pu être interpellé à un moment et il serait allé dans la dimension que le maître lui a indiquée. Mais il n’en a pas voulu, il n’a donc pas voulu toucher après le talent. Il n’a pas voulu que ce talent lui serve à réaliser son développement, à réaliser son épanouissement encore moins son bonheur. Il s’interdit de revoir ce talent de peur que cela n’éveille sa conscience pour qu’il puisse se repentir et se dire je vais travailler à mon épanouissement. Il compromet donc dangereusement par lui-même son développement, son épanouissement et son bonheur. Il aurait pu jeter le talent quelque part loin de lui par-dessus le mur par exemple. Ce faisant qu’est-ce qui se passerait ? Quelqu’un d’autre, un passant le ramasserait et s’en servirait. Et lorsque ce passant s’en servirait, il aurait pu à partir de ce talent réaliser un bonheur à lui, réaliser un épanouissement à lui. Mais ce serviteur n’a pas non plus voulu de cela. Donc le fait de cacher ce talent dans la terre, c’est empêcher tout cela. S’il compromet son propre développement, il empêche que les autres puissent profiter de ça aussi pour se développer. Vous le savez très bien ! Quand quelqu’un ramasse quelque chose de grande valeur en marchant fortuitement, qu’est-ce qu’il dit ? Merci Seigneur ! Je remercie le Seigneur qui a daigné mettre ça sur mon passage. Mais cela n’aura pas lieu, parce que ce serviteur a caché le talent dans la terre, refusant même qu’il y ait louange adressée à Dieu. On va s’en tenir simplement à ces trois dimensions-là. Donc vous voyez qu’on peut aller loin à partir de ce geste-là simplement qu’il a posé. Creuser la terre et mettre le talent dedans. Donc il refuse son propre développement, il compromet son propre développement, il refuse que les autres puissent s’épanouir avec et refuse toute louange qu’on adresserait à Dieu. Celui-là vous voyez un peu ce qu’il est. Ce n’est pas fini ! Considérons ce qu’il a dit de son maître. Son maître, il est bon puisqu’il leur a donné ses biens ; il leur a partagé ses biens à lui. Malgré cette bonté, cette largesse du maître, voici ce que ce serviteur dit de lui : « Je savais que tu es dur : tu moissonnes là où tu n’as pas semé, tu ramasses là où tu n’as pas répandu le grain. » Par ses propos, qui sont durs, il traite son maître de voleur ; malgré la bonté de ce dernier envers lui, il trouve que c’est un usurpateur invétéré, il trouve que le maître est mauvais. Ce serviteur, il est bon à quoi lorsqu’on considère tout ce que nous venons de dire ? Evidemment, il n’est bon à rien ! Du fait simplement de cette attitude que nous avons creusé pour comprendre ce que cela signifie. Mais c’est lui qui accuse et c’est ce qui nous arrive souvent dès que nous refusons nous-mêmes de travailler pour notre épanouissement, alors que le Seigneur dans sa bonté a tout mis à notre disposition et que nous allons enterrer ce que le Seigneur nous a donné. Et ce n’est pas seulement enterré le talent, mais c’est s’enterrer soi-même. On s’enterre comme ce serviteur, qui non seulement à enterrer le talent, mais a enterré son bonheur, il s’est enterré lui-même puisqu’il n’évoluera plus. C’est cela donc ce que signifie « celui qui a, on lui donnera encore et celui n’a rien se fera enlever même le peu qu’il a ». Pendant que vous êtes dans un groupe et que tout le monde avance et vous vous faites l’option préférentielle de rester statique, les autres seront devant et vous vous serez derrière. Est-ce que quelqu’un vous vous aurait touché pour vous faire reculer ? Personne. Mais c’est par le fait de votre option préférentielle de rester sur place que vous vous retrouvez complétement derrière. Donc c’est un constat, c’est un fait qui est constaté : qui n’avance pas, recule ! Ce serviteur a choisi de ne pas avancer et par le fait de sa paresse, par le fait de son option de ne rien faire, il perd tout ce qu’il a. Il convient d’encourager celui qui fait montre d’un volontarisme, celui qui fait l’option de travailler, de rester en phase avec la volonté du maître, c’est-à-dire d’avancer. Celui-là, on lui donne un coup de pousse pour le propulser davantage. Mais l’autre qui s’enterre, il meurt. Il se tue. Même ce faisant, il jette le tort aux autres en disant que ce sont les autres qui m’ont tué. On condamne toujours les autres, on met toujours le tort sur les autres. Alors mes chers amis, voilà ce que peut signifier ce geste-là de ce mauvais serviteur. Et nous aurons compris que pour le développement réel et intégral de l’homme, il faut être en phase avec la volonté de Dieu. Autrement dit, il faut craindre le Seigneur- non pas avoir peur de lui mais reconnaitre sa grandeur, sa bonté, sa bienveillance et aller dans le sens qu’il nous indique. Le deuxième critère qui suit cette crainte du Seigneur, c’est le travail. Il faut travailler. Voilà donc ce qu’il faut pour notre développement.

Revenons maintenant à cette femme parfaite dont vous sembliez ignorer les qualités pour la reconnaître. Avec notre développement, nous avons essayé déjà de décrypter le profil de cette femme-là. D’ailleurs que nous dit le texte ? Il dit, la femme parfaite, c’est celle qui craint le Seigneur ; elle mérite la louange. Le texte ajoute « Célébrez-la pour les fruits de son travail » Voilà donc deux critères : la crainte du Seigneur et le travail. Donc la femme parfaite, voilà ce qu’elle fait. Elle craint le Seigneur, elle travaille et son travail produit beaucoup de fruits. C’est ce que n’a pas fait le serviteur mauvais. Allant dans le même sens, le psaume du jour dit : « Heureux qui craint le Seigneur et marche dans ses voies ». Il y a donc la crainte du Seigneur. De même, le psaume ajoute : « Tu te nourriras du travail de tes mains : heureux es-tu ! A toi le bonheur ! » Voilà le secret du bonheur : la crainte du Seigneur et le travail accompli avec détermination. C’est ce que n’a pas fait le mauvais serviteur.

Frères et sœurs, vous avez compris que pour identifier et retrouver la femme parfaite, il n’est pas question de charme, il n’est pas question de beauté. Peut-être que c’est à ça que vous pensiez. Mais le texte vous dissuade : « Le charme est trompeur et la beauté s’évanouit ». Donc on ne va s’appuyer sur le charme, sur la beauté, mais sur la crainte du Seigneur et le travail accompli par cette femme-là. Chacun de nous devrait s’identifier à cette femme. Partant, les traits du profil de cette femme parfaite devraient se retrouver en nous car tous autant que nous sommes ici, je pense que chacun a la crainte du Seigneur et la volonté de travailler. Donc on peut dire que vous avez gagné le bonheur ! Mais dans le fait, qu’est-ce qu’il en est ? Il nous faut maintenant scruter notre vie. Chacun doit scruter sa vie pour voir si réellement il répond à ce critérium-là, si réellement il craint le Seigneur comme cette femme parfaite, si réellement il se nourrit du travail de ses mains comme cette femme parfaite-là. Je disais donc que chacun doit décrypter sa vie. Ce que nous allons faire ici c’est ce que nous pouvons constater de façon générale.

Quels sont les talents que le Seigneur nous a donné chers amis ? Il y en a beaucoup ! On ne peut pas tout énumérer. Moi je dirai simplement que la force physique que le Seigneur vous a donné, c’est un talent. Mais est-ce que vous l’exploiter pour que cela produise des fruits ? OUI ou NON ?  Chacun répond. Mais chaque fois que vous allez au travail manuel et que les deux mains sont collées aux hanches, et on doit bavarder, distraire les autres pendant une bonne demi-heure, alors vous faites quoi en ce moment-là ? Vous êtes en train d’enterrer le talent que le Seigneur vous a donné ; vous êtes en train de creuser et de mettre le talent dedans. Alors ce n’est pas fini, vous êtes en train de vous tuer. Puisque vous vous mettez vous-mêmes dans la terre ; vous mettez vous-mêmes votre bonheur dans la terre. Si vous vous tuez, vous direz quoi après ? C’est tel professeur qui m’a tué, c’est tel chef secteur qui m’a tué, c’est tel autre qui m’a tué. C’est ce que nous disons et c’est exactement ce qu’a fait le serviteur mauvais. Le Seigneur vous a donné l’intelligence et vous avez de bonnes aptitudes dans certaines matières. Il faut exploiter cette aptitude pour permettre aux autres, à vos condisciples, de bénéficier du rayonnement de cette intelligence-là. Cela veut signifier qu’il faut s’entraider, aider les autres. Ce que le Seigneur nous a donné comme talent, c’est pourquoi je disais tout à l’heure que ce mauvais serviteur aurait pu jeter par derrière le mur ce talent-là. Cela aurait servi à d’autres qui glorifieraient le Seigneur. Donc chaque fois que cette capacité, ce potentiel humain à vous donner par le Seigneur- l’intelligence-, chaque fois que vous ne l’exercez pas d’abord pour votre rayonnement intellectuel vous-mêmes et après pour aider les autres à rayonner, chaque fois que vous ne le faites pas, vous êtes en train de creuser la terre et d’y mettre le talent. Vous êtes en train d’y mettre votre bonheur, vous êtes en train d’enterrer votre développement, vos progrès, vous êtes en train de vous enterrer vous-mêmes. Le Seigneur vous a donné certainement la voix, une belle voix pour chanter, c’est un talent. Alors si on vous demande de chanter pour le Seigneur- vous faites partie de la schola, vous avez une belle voix, et vous refusez, qu’êtes-vous en train de faire en ce moment ? Sans doute, vous êtes en train d’enterrer le talent et quand vous faites ainsi, vous refusez de louer le Seigneur en vous identifiant à ce mauvais serviteur-là. Alors il faut tout faire pour se départir de l’attitude de ce mauvais serviteur. Vous voyez donc que si on commence par décrypter, par scruter notre vie vous voyez ce qu’on trouverait ! On ne finirait pas de découvrir les attitudes de ce mauvais serviteur. Donc il nous faut nous identifier à cette femme parfaite-là. Et quand on parle de femme parfaite, il n’est pas question de sexe mais plutôt de considérer cette alliance-là dans laquelle le Seigneur nous introduit où il est l’époux et nous nous sommes l’épouse. Ce n’est pas une question de femme seulement, non. Il faut retrouver les traits caractéristiques de la femme parfaite dans votre vie. Monseigneur de-Souza dans son testament a écrit : « Je suis christoussi », c’est-à-dire « épouse du Christ ». Mgr de-Souza se considérant « épouse du Christ », nous savons tout ce qu’il a réalisé comme développement à la tête de l’Archidiocèse de Cotonou. Il s’est identifié à cette femme parfaite-là. Donc chacun de nous doit pouvoir dire ‘‘Je suis Christoussi’’, c’est-à-dire épouse du Christ en s’identifiant à cette femme parfaite-là. Craindre le Seigneur et travailler avec détermination, avec volontarisme. C’est cela ce que le Seigneur nous demande aujourd’hui.

Quel va donc être le message final, chers amis.  Chaque fois que vous verrez l’un de vous, l’un de vos condisciples, enterrer le talent que le Seigneur lui a donné, dites-lui ; arrête de creuser la terre, arrête de creuser la terre. Sinon si vous le laissez creuser, il se met dedans, il ensevelit son bonheur, son épanouissement, son développement, il s’ensevelit lui-même. Ce qui veut dire qu’il se tue. Donc quand au travail manuel vous voyez ceux qui ont les mains aux hanches, ceux qui bavardent pendant le travail, dites-leur ; arrêtez de creuser la terre. Quand en classe, pendant le temps d’étude, vous voyez celui qui passe son temps à bavarder, qui passe son temps à ne pas se consacrer à l’essentiel, dites-lui arrête de creuser la terre et à tous les niveaux de la vie de cette maison quand vous voyez quelqu’un qui enfreint aux normes indiquées par la vie de cette maison dites-lui ; arrête de creuser la terre. C’est ce message-là qu’il vous faut passer entre vous : « arrête de creuser la terre ».

 Que le Seigneur nous garde tous et chacun afin que jamais nous ne creusions la terre pour nous y ensevelir. Que le Seigneur soit avec vous !

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