Homélie de la Présentation du Seigneur au Temple

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Bonjour, chers amis.

Nous sommes réunis ce matin dans cette Église pour célébrer la Présentation du Seigneur au Temple, 40 jours après Noel.

   Très tôt cette tradition s’est fixée dans l’Église, suivant l’épisode de Saint Luc que nous venons d’entendre, et pour honorer deux recommandations de l’Ancien Testament : Nb 18,15 qui prescrit que le garçon premier-né soit racheté un mois après sa naissance par un sacrifice animal – ce qui concernerait Jésus –, et Lv 12, 1-8 selon lequel la mère de l’enfant devra apporter colombes ou tourterelles pour sa purification – ce qui concernerait Marie. Dans l’Église latine, en effet, cette fête a porté le nom de Fête de purification jusqu’au Concile Vatican II où l’on parle désormais de Fête de la Présentation du Seigneur au temple.

   En présentant Jésus au temple, sa famille obéissait à une coutume juive en vigueur. Quand nous méditons les saints mystères du Rosaire, le fruit du 4ème mystère joyeux c’est l’obéissance qui est, à côté de la pauvreté et de la chasteté, l’un des conseils évangéliques qui font objet de vœux pour les âmes consacrées.

   C’est le Saint Pape Jean-Paul II qui a institué le 2 Février 1997 cette journée mondiale de la vie consacrée pour offrir à toutes les âmes consacrées, prêtres, religieux et religieuses, l’occasion de célébrer leur état de vie et d’y porter une réflexion méditative à partir d’un message pontifical délivré à cet effet chaque année. Nous faisons le quart de siècle déjà pour cette célébration. Hier jusqu’à 23h, j’ai vainement cherché sur Internet le message de cette année pour en communiquer ici quelques extraits. Je ne sais pas si c’est moi qui n’avais pas la bonne piste de recherche.

    Mais en partant de l’évangile de ce jour, je voudrais arrêter notre attention sur trois points.

   Premier point : quand le bébé Jésus est arrivé dans son temple, porté par Marie et Joseph, il n’a rencontré que deux vieillards : Siméon et Anne. Dans notre monde sécularisé actuel, avec son lot de matérialisme et de consumérisme, les églises sont abandonnées aux vieilles personnes par les jeunes générations qui n’ont plus ce temps. Ce sont les personnes âgées qu’on y rencontre souvent, surtout en occident. Je pense que Jésus se frotte les mains de voir ce matin tant de jeunes, femmes comme hommes, abandonnant tout pour se consacrer à lui. Ils sont vraiment des cons-sacrés. Il y a une certaine connerie à choisir de suivre Jésus. Si quelqu’un ne l’a pas encore expérimenté, certainement qu’il n’a pas encore tout quitté.

   Deuxième point : De tous les personnages présents à la scène de la présentation, Anne a parlé, Siméon a parlé et parlé de Marie, seul Joseph est celui qui n’a rien dit et dont on n’a rien dit. Le silence de Joseph, la discrétion de Joseph, la délicatesse de Joseph, l’humilité de Joseph. Ce sont des qualités qui nous manquent souvent comme âmes consacrées. Et la plupart de nos communautés se porteraient mieux si chacun de nous sait se taire et s’effacer comme Joseph.

   Troisième point : La présentation du Seigneur au temple a l’allure d’un pèlerinage, d’une marche synodale vers les lieux saints. En plein Synode sur la synodalité, cette fête des âmes consacrées nous invite à apprendre à marcher ensemble harmonieusement, en regardant dans la même direction, une direction qui nous fait grandir en humanité et en sainteté à travers l’abandon progressif de nos préjugés et de nos sentiers battus. Cela demande la culture d’un esprit de convivialité qui requiert l’osmose des cœurs confiants sans réserve les uns aux autres. Et là où la convivialité est difficile ou n’est pas encore possible, qu’y règne tout au moins la collégialité, l’aptitude à travailler à la même œuvre pour le bien de l’Église et de ceux dont nous avons la charge, dans l’espoir que par là nous nous aimions mieux et gagnions en confiance.

 

Révérends Pères, bonne fête !

Révérendes Sœurs, toutes congrégations confondues, bonne fête !

Chers amis séminaristes, futures âmes consacrées, bonne fête !

C’est une belle école quotidienne que celle de la vie consacrée, la vie de mise à part pour Dieu.

Que Jésus, notre maître intérieur, nous rende facile et joyeux cet apprentissage à son école. Que nous ne regrettions jamais d’avoir tout quitté pour le suivre. AMEN.

Père Jean KINNOUME

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